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Un mystérieux éclair dans le brouillard [544] Le 29 octobre 1944, les lieutenants Donald A. Schultz et Charles M. Crane du 7ème groupe de reconnaissance photographique aérienne U.S. effectuaient une sortie de routine au-dessus de la région allemande de Mannheim à bord d’un P-38. Les conditions de visibilité étaient bonnes, les nuages ne couvrant que partiellement le ciel, si bien que la vue était dégagée jusqu’à l’horizon. Peu après avoir franchi le Rhin, les pilotes virent soudain un étrange projectile ayant la forme d’un gigantesque cigare surgir brusquement des arbres de la forêt à quelques centaines de mètres devant le nez de leur appareil. Ils remarquèrent une grande flamme de 10 m de longueur sortant de l’arrière du mystérieux projectile, laissant derrière elle une traînée de vapeur grisâtre. Bien qu’ils n’aperçurent l’engin que quelques instants, ils constatèrent qu’il ne s’agissait pas d’une de ces fameuses bombes volantes V1 que les Allemands expédiaient quotidiennement sur Londres depuis le 13 juin 1944. Crane pensa que c’était peut-être un nouvel avion à réaction nazi ou alors l’une de ces nouvelles armes miracles dont Goebbels avait menacé le monde à titre de représailles. Crane tenta aussitôt de positionner son appareil pour tenter de photographier le mystérieux objet et éventuellement l’intercepter. Mais le missile accéléra très rapidement, montant droit vers le ciel, si bien qu’il n’avait plus que quelques secondes pour déclencher ses caméras de bord avant qu’il ne sorte de son champ de vision, tant sa vitesse de grimpée était hallucinante. Il appuya sur le déclencheur et prit précipitamment trois clichés tandis qu’il décrivait par radio cet objet insolite à son coéquipier. Plus tard, Crane avoua qu’il n’avait en réalité pas vu l’engin d’une façon bien claire. Il estima qu’il devait avoir environ 15 mètres de long et un empennage de 5 m de large. La fusée se déplaçait tellement rapidement qu’elle eut vite fait de disparaître et le pilote renonça à engager une poursuite. Quand le film de Crane fut développé, on constata que malheureusement il n’avait pas réussi à cadrer l’objet insolite, si bien qu’il n’y en avait aucune trace sur la pellicule. La seule explication que put donner Crane fut que l’engin fuselé avait littéralement « disparu » dans le ciel. Il fut prouvé plus tard que l’objet mystérieux signalé par Crane et Schultz était bien un V2, la deuxième arme de représailles de Hitler. Cette rencontre du 29 octobre marque la première observation officielle d’un V2 côté allié. En réalité, cette nouvelle arme miracle était engagée par les Allemands sur le front depuis la nuit du 13 au 14 septembre, date du premier tir opérationnel contre Paris qui marque le début de l’offensive V2. Elle devait se poursuivre sans relâche jusqu’au 28 mars 1944 qui vit le dernier tir avant l’écroulement du Reich…
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