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Château de la Bâtiaz [131] Campé fièrement sur un piton rocheux dominant la cité de Martigny et le coude de la haute vallée du Rhône, le château de La Bâtiaz constitue l’une des silhouettes les plus caractéristiques du Valais médiéval. Le château, qui a peut-être succédé à une tour de garde (romaine ?) surveillant le confluent de la Dranse et du Rhône, date de 1264. Erigé par le prince-évêque de Sion pour matérialiser son pouvoir seigneurial sur le territoire de Martigny et pour contrer les velléités expansionnistes de la Savoie en direction du Valais, le château changea plusieurs fois de main au cours des deux siècles suivants. Ses ruines symbolisent la lutte acharnée que se livrèrent, du XIIIe au XVe siècle, l’évêque de Sion et le comte de Savoie pour contrôler le Bas-Valais. L’origine de Martigny, ancienne capitale provinciale du Valais à l’époque romaine, remonte à l’époque celtique. Sous le nom d’Octodure, elle était alors le chef-lieu des Véragres, un peuple celtique très belliqueux qui défendit farouchement son indépendance face à César et qui réussit à battre les légions romaines en 57 av. J.-C., durant la Guerre des Gaules. Au XIIIe siècle, le territoire de Martigny jouissait de larges libertés administratives et constituait l’un des dix « Dizains » indépendants qui formaient alors le Comté du Valais. La cité faisait traditionnellement partie des terres épiscopales relevant de l’évêque de Sion, seigneur de la contrée et prince du Saint-Empire romain-germanique. Mais elle attira très tôt l’ambition des comtes de Savoie, étant donné sa position de carrefour stratégique au débouché de la route du col du Grand-Saint-Bernard dans la haute vallée du Rhône, qui en faisait une position clef pour la possession et le contrôle du Bas-Valais. C’est pourquoi Valaisans et Savoyards s’en disputèrent le contrôle durant deux siècles. Le château subit ainsi plusieurs assauts et sièges en règle. Il changea plusieurs fois de main à l’époque du Comte Rouge et du Comte Vert, avant de redevenir définitivement valaisan à la fin du XVe siècle, après la victoire remportée par les Valaisans à la bataille de La Planta (1475), aux portes de la ville de Sion, où les Savoyards furent définitivement chassés du Bas-Valais. Le château, encore intact, fut malheureusement incendié en 1518, à l’occasion de luttes intestines. Il ne se releva jamais de ses cendres... Le château aujourd’hui Restauré au XXe siècle, l’édifice, bien conservé, est désormais ouvert au public en été. Il abrite une petite collection de machines de guerre médiévales (bricoles, trébuchet, mangonneau) et accueille occasionnellement des spectacles (joutes, théâtres, concerts). Il est même possible de s’y restaurer dans une taverne aménagée au cœur du château et de découvrir toute la richesse de la succulente cuisine médiévale. Sur réservation, on peut y organiser des manifestations ou des séminaires. En été, le site est ouvert en soirée et le château illuminé offre un spectacle féerique. Il est possible de monter au sommet de l’impressionnant donjon circulaire, d’où la vue porte à plus de cinquante kilomètres. Le panorama sur les cimes enneigées et le vignoble est magnifique, surtout de nuit. Si vous passez par Martigny, n’hésitez pas à consacrer un moment pour visiter ce splendide château-fort médiéval. Un petit train touristique partant de la place centrale de Martigny y conduit en bonne saison, ce qui évite la fatigue de la montée…
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