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Fort d'artillerie de Commeire [963] Perché à 1290 mètres sur le versant droit de la vallée d’Entremont dans le Valais Suisse, le fort d’artillerie de Commeire constitue le pendant et le contre-ouvrage du fort de Champex. Les deux ouvrages, implantés en altitude de part et d’autre de la cuvette d’Orsières, dominent directement ce point de passage obligé et contrôlent le confluent des deux vallées venant de la frontière italo-suisse (Val d’Entremont et Val Ferret), de façon à verrouiller ces axes de pénétration. Ils forment un binôme indissociable et assurent, par la complémentarité de leurs secteurs de tirs respectifs, la couverture de feu de toute la partie frontale du secteur des Dranses. Leurs pièces, tournées face au sud, permettent de battre tout le terrain compris entre le carrefour stratégique d’Orsières et la frontière italienne, à l’exception des inévitables zones mortes dues au relief très montagneux. Les deux vallées comprises entre les massifs des Combins et du Mont-Blanc sont ainsi sous le feu direct de l’artillerie forteresse, à laquelle venait s’ajouter l’artillerie mobile prévue dans le dispositif défensif. Placés face à face, les deux forts se couvrent mutuellement et assurent ainsi leur protection réciproque. L’ouvrage de Commeire est légèrement plus ramassé que celui de Champex, mais il possède des aménagements à peu près similaires. Les installations, entièrement souterraines à part les organes de tir, sont directement creusées dans le roc et bénéficient ainsi d’une protection optimale contre les frappes aériennes et les tirs de contrebatterie. Les seuls éléments construits hors sol sont les quatre casemates abritant les 2 canons du fort ainsi que les postes d’observations/défense rapprochée. Les 2 autres canons sont abrités dans des casemates sous roches. Les infrastructures souterraines s’articulent sur un seul niveau et bénéficient d’un accès routier direct et aisé. L’entrée de l’ouvrage s’ouvre dans le talus de la route menant d’Orsières au village de Commeire, situé plus haut dans la montagne. Le logement regroupe toutes les installations vitales : dortoirs, cuisine et réfectoire, douches et sanitaires, salle des machines, vivres de guerre, réservoirs d’eau, citernes de carburant pour les groupes diesel, systèmes de filtration, de ventilation et de climatisation de l’air, etc. Cette partie de l’ouvrage constitue ce qu’on appelle la zone protégée (ZP): l’air y est traité et filtré en cas de fumée, d’attaque par les gaz ou de retombées radioactives, de façon à ne pas intoxiquer ou contaminer la garnison. A l’’intérieur de cette zone protégée, le port du masque de protection n’est pas nécessaire, même en cas de combat ou de menace extérieure, car l’air est traité collectivement, ce qui facilite le travail et rend la vie plus supportable. La zone protégée est délimitée par deux sas étanches (construits après la deuxième guerre mondiale) qui assurent le maintien permanent d’une légère surpression à l’intérieur du périmètre de confinement, pour éviter toute infiltration. Le reste de l’ouvrage, qui regroupe les magasins à munitions et les installations de combat, forme ce qu’on appelle la zone partiellement protégée (ZPP) car elle ne bénéficie pas d’une protection collective. Le port du masque y est nécessaire en cas de menace ou de combat. L’artillerie du fort est composée de 4 canons de forteresse de 7,5 cm L 30 sur affût à pivot. Elle comprend deux batteries de deux pièces chacune, chaque pièce possédant sa propre casemate. Chaque batterie a un secteur de feu différent, les zones des buts se chevauchant légèrement pour garantir la continuité de la couverture de feu du secteur. La première batterie (Bttr 1) est orientée ouest – sud-ouest, face au massif du Mont-Blanc, de façon à battre à la fois le Val Ferret (casemate 1) et le vallon de Champex (casemate 2). Le secteur sous le feu de cette batterie s’étend grossièrement de la Combe l’A à gauche jusqu’au Catogne à droite, avec la pointe d’Orny comme capitale de tir. La portée relativement limitée des pièces permet de battre les deux tiers inférieurs du Val Ferret, en aval de La Fouly, une partie du Val d’Arpettaz et la majeure partie du vallon de Champex jusqu’à Bovinette, au-dessus des Valettes. La seconde batterie (Bttr 2) est orientée sud – sud-est –, face au Grand-Saint-Bernard, de façon à battre tout le secteur de terrain compris entre la Combe de l’A à droite et le versant occidental du massif des Combins à gauche. Elle tient sous son feu la partie supérieure du Val d’Entremont, l’axe routier descendant Col du Grand-Saint-Bernard et la Combe de l’A, avec le Mont-Vélan pour capitale de tir. Le fort, déclassé comme ouvrage d’artillerie au début des années 1980. Ce fort a eu la particularité d'être le dernier ouvrage armé de canon de 7,5cm à rester en service. La décision avait été prise que les canons et la munition resteraient sur place jusqu'à fin 1986, car il fallait attendre la mise en service de "Napoléon" c'est-à-dire le 1er monobloc lance-mines 12cm de la brigade de forteresse 10 qui allait être construit à proximité du fort. On évoquait aussi la possibilité de transformer le fort en cantonnement de montagne, ou alors en poste de commandement. Un autre projet consistait à déplacer les 2 canons 10,5cm de Champex pour les placer dans la batterie Sud de Commeire... Il a ensuite été reconverti en casernement de montagne. Il a été occupé occasionnellement par la troupe jusque dans les années 1990, principalement dans le cadre de cours de répétition. Inoccupé durant de longues années, il est demeuré propriété de l’armée jusqu’à la fin des années 2000, avant d’être définitivement déclassifié et rayé des listes. Vendu en 2009, il a été racheté par l’Association Pro Forteresse. Son affectation future demeure incertaine.
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