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Le chemin de ronde [118] Passage établi au sommet de la muraille et qui suit le tracé de la courtine pour faciliter la défense et la surveillance. Dans certains châteaux, ce passage fait le tour complet de l’enceinte mais il peut être limité à une portion de la muraille, en général la plus menacée. Emprunté par la garde pour effectuer sa ronde régulière, il relie les différents organes de l’enceinte et permet aux défenseurs de se porter rapidement d’un endroit à l’autre, en fonction du front menacé et de la direction de l’attaque. Durant les sièges, le chemin de ronde facilite la circulation des défenseurs et sert également de plateforme de combat. Jusqu’à l’apparition des premières archères au XIIe siècle, la courtine ne comporte en effet aucune ouverture, si bien que toute la défense est concentrée au sommet de la muraille. D’où la nécessité de disposer d’un chemin de ronde permettant de masser les défenseurs sur le point d’attaque, pour repousser l’assaut. Du côté extérieur, le chemin de ronde est protégé par un parapet crénelé qui permet aux défenseurs de s’abriter des tirs des assaillants. Ce crénelage offre une excellente protection contre les armes anti-personnelles (balles de fronde, flèches, carreaux d’arbalète, mitraille des premiers bâtons à feu). En revanche, il ne protège pas des boulets en pierre des machines de siège médiévales (trébuchet, mangonneau, couillard…) et encore moins des boulets en fonte lorsqu’apparaîtra l’artillerie. En général, le chemin de ronde est ouvert du côté de la place, où il n’est bordé que par une simple rambarde en bois servant de garde-fou. Cette disposition permet aux défenseurs de pouvoir déloger facilement l’assaillant si celui-ci venait à prendre pied sur la courtine, en le criblant de projectiles depuis les tours voisines et la cour du château pour rendre sa position intenable. La largeur idéale du chemin de ronde devait permettre le passage de deux hommes de front. Selon les châteaux, il est directement ménagé dans l’épaisseur de la courtine ou, au contraire, suspendu en encorbellement contre le parement intérieur du mur. Dans ce cas, il s’agit d’une galerie en bois supportée par des poutres et des contrefiches prenant appui dans le mur. On y accède par des escaliers directement adossés à la muraille ou intégrés dans les tours jalonnant le tracé de la courtine. Dominant le chemin de ronde, ces tours formaient autant de point de résistance et permettaient d’isoler facilement une portion de la muraille au cas où l’assaillant aurait réussi à y prendre pied. Attention à ne pas confondre le chemin de ronde et les hourds qui sont des galeries en bois doublant le chemin de ronde du côté extérieur du mur, pour permettre de battre le pied de la muraille. Largement utilisé durant l’Antiquité et le Moyen Age, le chemin de ronde disparaît à l’époque classique (XVIe s.) où il est remplacé par le chemin couvert dans la fortification bastionnée.
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